Les abeilles fabriquent le miel en transformant le nectar des fleurs qu’elles butinent. Mais pour mener à bien cette fabrication longue et complexe, les butineuses ont besoin d’un environnement  très particulier : une ruche dans laquelle habite les colonies, et parmi lesquelles vit la reine. 

Comment une nouvelle reine peut-elle-être introduite dans la ruche ? Et comment faire pour augmenter ses chances d’être acceptée par les ouvrières ?

Miel Martine répond à toutes vos questions !

Les qualités d’une bonne reine

La reine des abeilles est, au sein de la colonie, la seule femelle adulte accouplée et fertile. Elle est la mère de toutes les autres abeilles, exception faite des ouvrières venues d’une autre ruche. L’essaim désigne quant à lui l’ensemble des abeilles vivant ensemble dans une ruche. 
Il arrive quelquefois que la reine quitte l’essaim, ou qu’elle meurt prématurément. Sans reines, la colonie est condamnée à disparaître. Il est donc impératif d’y introduire une nouvelle reine.

Quelles sont les critères qui vont déterminer si une reine va être acceptée ou repoussée par la colonie ?  

C’est essentiellement le comportement de la reine qui est observé par les autres abeilles. Si la reine est calme, apaisée et tranquille, elle a de grandes chances d’être acceptée dans l’essaim. C’est le cas notamment lorsque la reine est arrivée à maturité et lorsqu’elle pond depuis longtemps. En revanche, si la reine est trop jeune, qu’elle s’excite, et a une attitude agitée, elle aura très peu de chance d’être retenue par la colonie. C’est donc la conduite de la reine qui est déterminante lors de son introduction dans un essaim.   

L’âge de la reine est-il important ?

Vous l’aurez compris, plus une reine est jeune, et plus son comportement est incompatible avec les attentes de la colonie. Il est donc important de choisir une reine avec un âge relativement avancé et mûre (28 jours). En outre, les cellules royales sont elles aussi facilement acceptées par les ouvrières.

Respecter la colonie

Une autre condition qui favorise l’acceptation d’une nouvelle reine, est que celle-ci ne rentre pas en concurrence avec une reine déjà présente dans la ruche. Il est donc très important de s’assurer, avant l’introduction d’une nouvelle reine, de l’absence d’une potentielle concurrente vivant dans la ruche.  Il est tout aussi nécessaire de détruire toutes les cellules royales après l’introduction d’une reine afin de prévenir l’éclosion et le développement d’une seconde reine au sein de l’essaim.

Il est à noter que lorsqu’une colonie est orpheline pendant une période prolongée, celle-ci devient bourdonneuse. Cela veut dire que certaines abeilles retrouvent leur capacité à pondre. Mais à la différence des reines, les ouvrières, n’ayant pas effectué de vol nuptial, pondent des œufs non fécondés qui dans le monde des abeilles donnent naissance à des faux bourdons. Or les colonies bourdonneuses acceptent difficilement l’arrivée d’une nouvelle reine à cause des abeilles en ponte.

Des études montrent que l’exposition à la lumière de la ruche facilite l’acceptation des reines. D’autres expériences établissent que durant les périodes de miellées pendant lesquelles les abeilles sont occupées à fabriquer le miel, les nouvelles reines ont plus de chances d’être bien accueillies.
Enfin, introduire une reine dans une ruche en état de stress (climat etc) diminue les chances de son acceptation par la colonie et la reine risque d’être très vite emballée.

Un temps d’adaptation 

Après avoir introduit une reine dans un essaim, il est important de respecter un temps d’adaptation.
Durant cette période, il est nécessaire de protéger la reine de l’hostilité potentielle des autres abeilles. Ce temps d’adaptation perdure jusqu’à ce que la cohabitation soit totalement acceptée par la colonie.

Les différentes méthodes d’introduction

Il existe trois types d’introduction :

  • Introduction de cellules royales;
  • Introduction de reines vierges (la méthode la moins conseillée, car les chances d’acceptation sont plus faibles);
  • Introduction de reines fécondées.

Vous l’aurez compris, réussir à introduire une reine dans un essaim est un véritable art et nécessite un grand savoir-faire et une expérience de longue haleine.